Carl Fugère : de Québec Micro au quotidien Le Devoir




Ancien éditeur du magazine Québec Micro, Carl Fugère a vendu en 2007 pour consacrer toutes ses énergies à Papier Virtuel. L’application en ligne, qui permet de feuilleter à l’écran n’importe quel type de publication, est notamment utilisée par Ici Montréal, Mlle Figaro et, bientôt, par le quotidien Le Devoir.

Rien ne destinait Carl Fugère à diriger des entreprises oeuvrant dans le domaine des nouvelles technologies. Diplômé de l’École de l’humour, Carl Fugère s’orientait vers une carrière dans les médias et l’humour lorsqu’il s’est associé à Daniel Robichaud, alors animateur à l’émission Radioactif.com sur Cool FM, pour développer des projets d’entreprises Internet. Bien que ni lui ni son associé ne connaissent la programmation, c’est tout d’abord dans la conception de sites Internet pour les médias d’information qu’ils remportent du succès. Leur entreprise de conception de sites Internet, Génération Flash, a d’ailleurs été vendue à Gesca, la société médiatique qui chapeaute notamment le quotidien La Presse.

Entre temps, les deux associés développent avec succès d’autres produits. Ils peaufinent le portail et fournisseur d’accès Internet Radioactif.com fondé par Daniel Robichaud et travaillent à la technologie de diffusion de vidéo en ligne StreamTheWorld qui, notamment utilisé par le populaire site Internet les Têtes à claque, est entre-temps passé aux mains de nouveaux actionnaires.

En 2004, Carl Fugère faisait l’acquisition du magazine techno Québec Micro avec l’appui de son associé. À la barre d’un magazine en format papier sans expérience, Carl Fugère apprend vite les rudiments du métier d’éditeur : « Bien entendu, j’ai fait des erreurs au début, mais j’ai appris sur le tas. J’ai mené Québec Micro aussi loin que j’ai pu », explique Carl Fugère.

L’un de ses premiers gestes à la tête du mensuel a été de consacrer sa une à des vedettes québécoises, que Carl Fugère interviewait lui-même sur le thème des nouvelles technologues et d’Internet : « L’idée était d’aller chercher la madame qui passe devant un présentoir de Québec Micro et qui est susceptible d’avoir un accès Internet. Tout en gardant notre signature, ça nous a permis d’aller chercher un plus large public. », relate Carl Fugère.

C’est en tant qu’éditeur d’un magazine distribué gratuitement sur l’Île de Montréal que Carl Fugère commença à travailler sur l’application en ligne à la base de Papier Virtuel. Aux prises avec des factures d’impression salées, Carl Fugère voulait ainsi élargir le lectorat du magazine sans imprimer plus d’exemplaires. L’application Papier Virtuel permettait aussi d’offrir une valeur ajoutée aux annonceurs du magazine, dont les publicités pouvaient inclure des liens pointant vers leur site Internet respectif.

Si le premier magazine à utiliser la technologie Papier Virtuel fut Québec Micro, l’entrepreneur qu’est Carl Fugère n’avait pas fait développer une telle application uniquement pour son magazine. Son ambition était beaucoup plus vaste et c’est justement l’une des raisons qui ont motivé la vente de Québec Micro en 2007 : « Quand je m’implique dans un projet, explique Carl Fugère, je m’implique à 100 %. Durant les derniers mois à Québec Micro, j’étais beaucoup moins présent. »

À l’heure actuelle, quelque 1 000 publications issues de partout dans le monde ont recours à l’application Papier Virtuel. L’application permet aux éditeurs d’obtenir des statistiques précises sur la lecture de leur publication, de même que d’insérer des publicités interactives ou du contenu vidéo. L’offre de Papier Virtuel est d’autant plus alléchante pour les éditeurs qu’elle est offerte gratuitement durant une période d’essai.

Bien que les publications gratuites représentent le créneau le plus visible de l’entreprise, cette dernière dessert aussi, dans une moindre mesure, des publications payantes seulement accessibles avec un mot de passe. Ainsi, il est possible de feuilleter des journaux gratuits comme Ici Montréal et Jobboom de Quebecor, et des publications vendues en kiosque comme Mlle Figaro et, bientôt, Le Devoir dont on peut déjà consulter le numéro du 17 janvier dernier en version virtuelle. Toutefois, le créneau le plus important pour Papier Virtuel se situerait ailleurs : « Notre plus gros marché, ce sont les catalogues, les circulaires, les rapports annuels, bref, les imprimés en général. Comme c’est le genre de publication qu’on ne garde pas, le format Papier Virtuel est idéal. De plus, c’est écologique. »


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